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La Balistique Lésionnelle

Cet article en grande partie inspiré d'un cours universitaire est proposé sur le site avec pour ambition de donner un aperçu réaliste des dégâts occasionnés par un projectile d'arme à feu.

Cet article peut être intéressant à plus d'un titre, notamment dans le cadre d'un projet de renforcement mental spécifique tel qu'un conditionnement psychologique à l’appréhension d'une fusillade ou d'une attaque à main armée. 

Attention, ce type de conditionnement est réservé au candidats en pleine possession de leurs facultés intellectuelles et en bonne santé mentale sans fragilités psychologiques particulières.  

Notez également que de très solides bases de self-défense en situation dégradé impliquant l'usage d'armes à feu est plus que nécessaire à la compréhension du danger réel que représente de tels scénarios.

Pour plus de renseignement sur les possibilités offertes par un véritable programme de renforcement mental, rendez vous sur le lien suivant :


Vous constaterez dans cet article, que "les effets d'une balle" diffèrent grandement selon le calibre évidemment mais aussi selon certaines conditions de tir et d’impacts. 

La balistique lésionnelle est l’étude des effets des projectiles d’armes à feu sur un corps.

Cette étape du comportement d’un projectile d’arme à feu est appelée balistique terminale et peut s’appliquer à n’importe quelle cible.

Pour tenter d’informer les lecteurs du site sur ce qu’est la balistique lésionnelle et sensibiliser sur le potentiel destructeur des armes à feux, je vais commencer par décrire la plupart des armes pouvant causer de telles blessures :

- Les armes de poing

Les pistolets et les revolvers sont les deux seuls types d’armes de poing pouvant être utilisés pour blesser ou tuer par balle si l’on exclut les fusils à canon scié et à la crosse coupé, les pen gun et autres armes à feu improvisé et dissimulable.

Dans un pistolet, les munitions sont contenues dans un chargeur amovible qui alimente la chambre qui pourra toujours contenir une cartouche si le chargeur est vide.

Dans un revolver, les cartouches sont contenues dans un barillet.

- Les armes d’épaule

Les armes d'épaule sont plus longues et plus précises que les armes de poing, elles doivent dans la plupart des cas être maintenues contre l’épaule lors du tir.

Parmi les armes de poing et les armes d’épaules, certaines sont des armes de guerre.

- Les armes de guerre

Pistolets semi-automatiques, automatiques et pistolets mitrailleurs.

Les fusils d’assaut, fusils automatiques et semi-automatiques.

Lances roquettes, lances grenades, mortiers.

Grenades, mines anti-personnelles et autres engins explosifs improvisés ou non.

Certaines de ces armes bien que destiné à la guerre sont régulièrement impliqués dans des faits divers.  


- Les munitions


Les munitions sont d’une immense variété.

La conception des munitions d’armes de poing et d’épaule est très similaire.

- Une munition est constituée d’une douille ou d’un étui qui maintient tous les éléments de la cartouche (tout comme l’enveloppe d’un engin explosif).

- D’une amorce qui une fois percutée permet la combustion de la poudre qui fournit l'énergie nécessaire à l’expulsion du projectile.

- D’un agent vulnérant qui n’est autre que le projectile expulsé par le canon lors du tir ou le shrapnel lors de l’explosion d’un engin explosif à fragmentation comme les saloperies de sous munitions des B.A.S.M ou les mines anti-personnelles qui tuent et mutilent même en temps de paix sans distinctions toute personnes se trouvant à proximité.

Parmi les cas particuliers de munitions ont peu mentionner :

Les balles expansives, les balles perforantes, les balles explosives, les munitions sub-létales, les grains de plomb, la grenaille et toutes les joyeusetés imaginables pouvant servir de charge à une munition improvisée. 

J'ai en tête une histoire raconté par un ami il y à plus de dix ans qui m'expliquai que dans son pays d'origine (en guerre à l'époque), certains improvisaient des canons avec des tubes d'acier qu'ils chargeaient de poudre artisanal pour propulser un mélange de vieux clous et verre pilé.


(nombreux y laissent des doigt ou la vie avec ce genre d'engins) !

Voyons maintenant,

- Les plaies par armes à feux

Disons plutôt "plaies par balles" car une plaie par arme à feu pourrait tout aussi bien être le résultat d'un coup de crosse dans la face ou la viande entre le pouce et l'index qui se coince dans la culasse d'un semi automatique.

Bref...
 
Les projectiles d’armes à feu occasionnent des dégâts plus ou moins importants selon le type de l'arme et des munitions utilisées, de la distance de tir et éventuellement des obstacles traversés avant la pénétration dans les tissus.


L’orifice d'entrée et le cheminement du projectile provoquent d’importants dégâts et lorsque le projectile ressort du corps, la plaie provoquée est appelée orifice de sortie.

Les orifices de sorties seront toujours différentiable des orifices d'entrées.

- L’orifice d'entrée

Si un orifice d'entrée n’est pas facilement localisable, il faut examiner certains points d’entrée probable tels les aisselles, les zones sous-mammaires, l'angle interne de l'œil et les orifices naturel... Une balle dans le trou de balle...

Plaisanterie mise à part, l'idée pourrait traverser l'esprit de plus d'une personne ayant besoin d'optimiser le principe de la pomme de terre au bout du canon...

Sans plus de détails, passons à la suite.  

Une plaie d'entrée présente des caractères constants mais peut être composée de plusieurs caractéristiques inconstantes présentes ou non selon les conditions de tir.

Parmi les caractères constants nous retrouvons : 

- L’orifice de pénétration du projectile

Il sera de forme circulaire si le tir était perpendiculaire à la cible et plus ou moins ovale pour un tir oblique... Logique !

Les bords de la plaie d’entrée seront généralement réguliers et d’un aspect net.

Le diamètre de l’orifice dépendra du projectile utilisé et de la distance de tir.

Pour un tir à longue distance, le diamètre sera inférieur au calibre du projectile.

Pour un tir à bout touchant, il sera supérieur au calibre du projectile.

Effet probablement dû au gaz de combustion dilatant l'orifice d'entrée (???)


- La Collerette érosive

La collerette érosive est une abrasion épidermique rougeâtre, aplatie, délimitant l'orifice d'entrée.

La collerette érosive sera plus visible sur un cadavre que sur un blessé vivant.

Cet arrachement de la peau est dû à la perforation du projectile lors de l’impact.

Comme pour L’orifice de pénétration du projectile, la collerette érosive sera plus ou moins ovale selon l’angle de tir.

Pour un tir oblique, l’abrasion sera plus large au niveau du premier contact du projectile avec la peau.


- La Collerette d’essuyage

En sortant du canon, le projectile collecte des traces de graisse et des résidus de combustion de la poudre en plus ou moins grande quantité selon l’état d’entretien du canon et la nature des munitions utilisées.

Lorsqu’ensuite le projectile pénètre la chair, ces résidus sont littéralement essuyés autour de l’orifice d’entrée laissant une collerette caractéristique grisâtre.

Cet essuyage aura lieu à la surface des vêtements si le projectile n’atteint pas une partie du corps à nu (et probablement absent si le projectile a traversé un obstacle avant d'atteindre le corps).

Pour un tir oblique, la forme de la collerette d’essuyage est celle d’un croissant au niveau du premier contact du projectile avec la peau

Voyons maintenant les caractères inconstants d'un orifice d'entrée de projectile.

Les caractères inconstants de l’orifice de pénétration du projectile peuvent être :


- La Zone de Tatouage

La zone de tatouage entoure l’orifice de pénétration.

Il s’agit d’incrustations de grains de poudre partiellement brulés dans les couches superficielles de la peau observable en cas de tir à courte distance.

L’abrasion des tissus qui en résulte est de couleur brun-rougeâtre ou rouge-orangée selon que le tir ait été respectivement : ante-mortem ou post-mortem (avant ou après la mort de la victime).

Si la combustion de la poudre a été totale, la zone de tatouage n’apparait pas.


- La Zone d’estompage

La zone d’estompage est la plus large des zones.

Il s’agit d’un dépôt à l’aspect de suie que le lavage suffit à nettoyer.

Cette zone est le résultat des fumés de tir à très courte distance.


- Les Zones d'Entrées Atypique

  • Les Plaies Rasantes

Lorsque le projectile effleure la peau sans pénétrer dans le corps, la lésion provoquée prend une forme de goutte étiré, circulaire au niveau du premier contact du projectile avec la peau et se terminant en pointe.

  • Les Plaies Tangentielles

Comme pour les plaies rasantes le projectile suit une trajectoire de surface mais pénètre la chaire en profondeur et la déchire.

  • Les plaies par re-entrées

Le projectile transperce une partie du corps avant de ressortir puis pénètre à nouveau le corps.

Ce type de plaies peut être constatée lorsqu’un projectile traverse un bras avant de pénétrer dans une autre partie du corps situé derrière ou une jambe pour pénétrer l’autre.

La deuxième plaie est la plaie de re-entrée.

Ses collerettes érosives seront larges avec un orifice d'entrée à bords irréguliers et déchirés.

Lorsque la plaie de re-entrée est située au niveau du creux axillaire (la zone entourant l’aisselle), cette dernière peut prendre la forme d’une fente sans collerette érosive et avoir l’aspect d’une plaie de sortie.


- Les plaies de sorties

Un projectile ne ressort pas systématiquement d'un corps ou au contraire peut foisonner et ressortir par plusieurs plaies de sorties.

S’il frappe un ou plusieurs os, le projectile peut  provoquer des esquilles osseuses occasionnant des plaies de sorties multiples et de très graves lésions internes.

Les plaies de sorties sont généralement plus grandes et plus irrégulières que les plaies d'entrée.

Elles sont dépourvues de collerette érosive, de collerette d’essuyage, de zone de tatouage et de zone d’estompage.

Les orifices de sortis sont généralement déchirés et irréguliers, leurs caractéristiques dépendent de la nature des projectiles et de la zone du corps d'où le projectile ressort.

La taille et l’irrégularité des plaies de sortie est dû à l’instabilité des projectiles traversant le corps.

Ils peuvent ricocher sur des os et ressortir du corps après avoir effectué plusieurs rotations et avoir été déformés par la pénétration dans la chair.

Si le projectile n’est pas ressorti du corps, ce dernier peut être senti sous la peau par une palpation.

Pour finir (en attendant d'éventuelles mises à jours), voici une vidéo d'impacts de diverses munitions en slow motion sur différents matériaux. 

Beaucoup plus esthétique sur écran que sur un champ de bataille, cette vidéo permet de faire prendre conscience du caractère dévastateur et meurtrier des armes à feu.

 
En espérant que cet article ait été instructif, je tiens à rappeler qu'il est destiné à sensibiliser sur le potentiel létal des armes à feu et dans certaines circonstance renforcer le mental du lecteur. 

Si vous souhaitez explorer plus loin l’acquisition de forces mentales (le fameux mental de guerrier) vous pouvez dès maintenant vous rendre sur la page s'y rapportant :


A tout de suite...