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Anatomie, Physiologie et biomécanique.

Utilité De L’Anatomie Dans Les Arts Martiaux
Le lien entre les Arts Martiaux et certaines sciences médicales a toujours été très fort.

Parmi ces sciences, les trois qui me paraissent les plus évidentes dans le monde des arts martiaux sont certainement :

L’anatomie, la physionomie et la biomécanique.

Ces trois domaines de la science étroitement liés entre eux ont été étudiés dans les arts martiaux pour ce qu’ils pouvaient enseigner dans le but de détruire, tuer mais aussi guérir (soins médicaux de toutes natures pour les combattants blessés).

Certaines techniques de guérison, altération et destruction de points précis du corps humain par des frappes ou pression particulières sont longtemps restés secrètes, alimentant ainsi de nombreuses légendes dans le monde des arts martiaux.

Beaucoup de techniques pour agir efficacement sur un point vital ou sensible sont issues d’étude sur la circulation des flux énergétiques dans l’homme (le Qi ou Chi).

Des documentations très précises sur ces "énergies vitales" existent dans la médecine traditionnelle chinoise depuis plus de 3000 ans.

Ces études sur l’énergie du corps humain et les techniques de frappes s’y référant seront abordées dans un autre article.

Nous nous cantonnerons ici à ce qui concerne de façon générale l’anatomie (anatomie, physionomie et biomécanique) dans les arts martiaux sans s’attarder sur cette fameuse circulation énergétique qu’est le « Qi ».

La connaissance de notions d’anatomie, physiologie et biomécanique permettent d’agir efficacement sur une zone cible (le point vital ou sensible) en combinaison d’un coup porté ou d’une technique placée de façon spécifique et précise avec ou sans arme.

L’étude de l’anatomie nécessitant généralement la dissection d’un cadavre, cette science n’a réellement vue le jour que tard dans l’histoire de l’humanité avec dans la plupart des cas un objectif médical.

Le coté sacré d’une dépouille humaine interdisant toute "profanation du corps" dans presque toutes les cultures de l’histoire (sauf entre autre dans l’Égypte antique), les traces d’études de l’anatomie font souvent mention de « vols de cadavres » ou utilisation de prisonniers pour pratiquer des dissections et vivisections humaines clandestines…

Les nombreuses guerres de l’histoire ont également été le triste théâtre d’expériences toutes plus ignobles les unes que les autres sur des prisonniers de guerre et des déportés.

Il est aussi probable que les premiers retours d’expériences des champs de batailles (aussi loin que puisse remonter l’usage de la caillasse pour démonter la gueule d’un ennemi) aient été les précurseurs dans l'élaboration de planches anatomiques à l'usage des combattants.

KYUSHO
L’apparition du casque dans l’histoire de la guerre est sans doute corrélée à la mise en application systématique du coup de masse dans la tempe pendant les combats…

En ajoutant à ces quelques hypothèses le fait que tout homme sache instinctivement protéger ses parties les plus fragiles, on peut trouver rudimentaires certaines planches anatomiques matérialisant les points sensibles.

Ces planches anatomiques destiné à une utilisation pratique en temps de guerre sont désormais des outils universels dans le quotidien d’un pratiquant d’arts martiaux.

Être conscient de l’existence des zones les plus vulnérables de son anatomie ne signifie pas être efficace pour les frapper.

Le genre de planche anatomique présenté ci-dessus sont très loin d’être désuète lorsque l’on tient compte des paramètres suivants :

- L’étude précise de ces points en surface et en profondeur.

- Les effets physiologiques induits par diffèrent types de « frappes » avec ou sans armes.
- La précision requise et la technique appliquée pour obtenir l’effet recherché.


Tout ceci donne à l’attaque (ou la réparation) de ces simples "points sensibles et vitaux" une dimension quasi surnaturelle sans forcément mettre en cause la circulation des énergies.

Défendez-vous à l’aide d’un bon tranchant de la main dans la carotide d’un assaillant et soyez sûr que le « Qi » (ou Chi) du bonhomme en face va beaucoup moins bien circuler...

On pourrait en dire autant d’un uppercut au menton.

Loin de mois l’envie de faire passer les techniques mettant en action le « Qi » comme étant inutile, mais je pense que le chemin le plus court vers une approche « anatomique » du combat se situe au niveau de la « pure mécanique » ou plus exactement de l’anatomie et de la physiologie de base :

On applique une certaine force avec certaine partie du corps (ou un objet) sur un point précis (frappe sèche, pression, pincement, coup appuyé…) et on obtient un résultat en altérant provisoirement ou en bousillant définitivement une fonction essentielle du corps humain.

A titre d'exemple, une technique particulière d’étranglement bien appliquée peut corrompre à elle seule 4 fonctions vitales :

-      Circulatoire, en comprimant les artères du cou.
-      Respiratoire, en écrasant le larynx.
-      Articulaire, en mobilisant les vertèbres cervicales.
-      Nerveuse, en mettant en danger la moelle épinière.  

Notez qu’en self-defense, il est très important de connaitre les points qui pourraient gravement handicaper ou tuer un agresseur pour respecter le cadre strict de la légitime défense et ne pas avoir de mort sur la conscience, ce qui ne doit pas vous empêcher d’agir efficacement pour protéger votre propre intégrité physique.

Voir à ce sujet l’article :



Si l’étude médicale de l’anatomie va de pair avec le désir de préserver la vie, elle reste indissociable des « possibilités théoriques » de blesser ou donner la mort.

Ce constat rend l’anatomie indissociable des arts martiaux.

Pour comprendre comment guérir et soigner, il faut comprendre ce qui peut détruire ou tuer :

- Il faut connaitre l’emplacement de chaque organe et la « cartographie » de chaque système du corps humain.

- Comprendre le fonctionnement du système nerveux, circulatoire, respiratoire et musculaire.

- Connaitre les propriétés mécaniques de la peau, des organes et des os.

- Comprendre les limites articulaires des os et des ligaments.


Et autres points essentiels :

- Comprendre comment le corps humain se positionne pour se protéger.

- Comment il conserve son équilibre en se déplaçant.

Ces deux derniers points sont essentiels à la mise en application de techniques et de frappes aux bons moments de l’action.

La biomécanique, ou plus précisément l’étude des mouvements articulaires seront d’une aide précieuse.
Œuvre Anatomique de Léonard De Vinci.
Un amorçage de luxation poignet, coude, épaule (mise en buté articulaire) nécessite une bonne connaissance de ce qui vient d’être énoncé pour une parfaite maitrise des techniques permettant de telles contraintes.

En combat, la perception du centre de gravité de l’adversaire (pour pouvoir le déséquilibrer) est aussi importante que la perception de ses cycles respiratoires (pour lui couper le souffle) :

- Il faut frapper ou appliquer les techniques de la bonne manière, au bon endroit et au bon moment.

Ces tâches difficiles à accomplir dans le feu de l’action s’apprennent à force d’entrainements.

En connaissant certaines caractéristiques anatomiques humaines, cet entrainement sera plus simple à assimiler.

Le lien entre la physionomie et la technique elle-même paraitra évident.

La plupart des cours d’arts martiaux, sports de combats et self-defense enseignent au minimum les rudiments en matière de points sensibles :

- Nez, Menton, Sternum, Estomac, Foi, Tibia…

D’autres mettent l’accent sur l’étude des points sensibles et la manière de les frapper.

Mais tous font fatalement appel d’une manière ou d’une autre à l’anatomie, la physionomie et la biomécanique.

L’étude de base dans ces sciences est donc un parfait complément de votre pratique quel qu’elle soit, si ce n’est même « indispensable ».

Si un grand nombre de bouquins de « combat » au sens large du terme proposent des planches anatomiques précises et détaillés, mes références personnelles en la matière restent les bons manuels d’anatomie-physiologie et les encyclopédies d’anatomie.

Ces ouvrages scientifiques sont le complément indispensable des planches anatomique d'arts martiaux.

En comparant les techniques étudiées dans votre pratique martiales et les zones cibles dans la documentation scientifique, vous parviendrez à une meilleure compréhension des principes et effet mis en œuvres dans vos systèmes d'attaques et de défenses.

Que vous soyez un passionné d’arts martiaux, un compétiteur soucieux de ses performances techniques ou un professionnel de la sûreté confronté à la violence physique, l’étude des principes exposés dans cet article sont indispensable à vos objectifs !