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La Question de L'Eau en Survie et Survivalisme (Partie 2)



Nous venons de voir dans la première partie de cet article les points de récoltes en eau envisageable et le matériel utile en cas de situation de survie hors de votre domicile. (La Question de L'Eau en Survie et Survivalisme Partie 1)

Pour ce qui est du matériel à avoir chez soi pour pallier à une pénurie d'eau, la liste est assez longue et ne pourra pas être exhaustive.

Il y a évidemment tous ce que je viens de mentionner pour le sac à dos.

Après avoir passé en revu un certain nombre d'objets et outils incontournables, tout ce qui s’avérerait utilisable pour récupérer de l'eau en situation dégradée serait le fruit d'une opportunité saisi au bon moment et d'un savoir-faire de haut vol en matière d'improvisation. 

Pour ce qui est du plus important, nous pouvons en priorité compter sur : 


- Autant de pack d'eau que vous pouvez stocker

Les packs d'eau se rangent facilement et s'empile bien sur trois ou quatre niveaux.

Faites tourner vos stock au fur et à mesure que vous en consommez quotidiennement.

Vous pouvez conserver vos pack à l'abri de la lumière et de la chaleur plus de 6 mois.
 

- Beaucoup de bâche

La quantité de bâche Polyane mentionnée pour le sac d'évac n'est pas suffisante.

N'ayez pas peur d'en ajouter plusieurs dizaine de mètres à vos stocks du domicile si vous disposez d'assez d'espace. 

Vous pourrez la tendre depuis une fenêtre ou un balcon en cas de pluie en ayant pris soins de bricoler un dispositif de récupération "gouttière" menant directement vers un de vos réservoir.   


- Les seaux, bassines et cuves en tout genre
 
Si ce matériel n'a jamais été utilisé pour contenir des substances toxiques, vous pourrez l'utiliser pour récupérer l'eau de pluie et organiser et gérer "économiquement" l’hygiène de votre lieu de vie, le lavage de vos vêtements et literies ainsi que votre toilette personnelle.

Les bassines pourront aussi servir à improviser un distillateur solaire.

Si lors de l'imminence d'une grave crise risquant de mettre un terme au fonctionnement du réseau d'eau potable, vous devrez rapidement remplir d'eau tous vos contenants y compris votre baignoire.


- Jerricans, vache à eau souples et bidons propres  

Vos Jerricans et autres réservoirs équipés de bouchons étanches devront être remplis d'eau à l'avance pour être stockés.  
   
Une fois vides, vous les réutiliserez pour vous approvisionner en eau.


- La Javel non parfumé

Le chlore contenu dans l'eau de Javel est un excellent désinfectant pour toutes les surfaces.

Il faut cependant l'utiliser avec précautions.

Nous allons détaillez la procédure de purification de l'eau à l'eau de Javel plus loin dans cet article. 


- Du petit matériel de plomberie

Pince multiprise, clé à griffe, kit de clés de serrage plates, clé à molette, scies à métaux, pince monseigneur et coupes tubes sont une bonne base d'outillage. 


- Quelques tubes d'écoulement en PVC et du tuyau d'arrosage

Ce type de tube est essentiel pour la création de différents systèmes de récupération d'eau.

Ces systèmes de récupération d'eau sont à combiner avec les bâches et des cuves diverses.  


- Un siphon

Vous pourrez vider de cuves en hauteur et autre réservoirs difficiles et dangereux à vidanger autrement. 

Toutes sortes de tuyaux souples feront l'affaire mais ceux équipé d'une pompe d'amorçage sont à préférer pour ne pas avoir d'eau contaminée dans la bouche.
  


- Une pompe à eau manuelle

Indispensable pour certaines vidanges impossibles par siphonnage.
 

- Un système de filtre à gravité 

Cher à l'achat, les filtres à gravité sont rentable sur le long terme et permettent de grand volumes de filtration avant de devoir remplacer le filtre.

Je peux vous conseiller le filtre a eau "Katadyn siphon".

D'une conception simple, facile à utiliser et suffisamment efficace contre tous les agents pathogènes d'une taille supérieure à 0,2 Micron, ce filtre à une capacité de filtrage d'environ 20000 Litres selon la qualité de l'eau récupéré (limpide ou trouble).

Son débit et de 5 Litres par heures et il peut être utilisé dans toutes sortes de réservoirs par siphonnage.  

Toutes les filtrations sont bonnes à prendre pourvu qu'elles permettent d'éliminer le plus de micro organismes dangereux possible. 

Vous pouvez éventuellement fabriquer votre propre filtre à gravité pour pas trop cher et facilement. 


- Du matériel pour fabriquer un filtre

Du linge de coton propre, du sable fin, du charbon actif et des seaux ou du tube pour contenir le tout.


- Des casseroles, gamelles métalliques, marmites... 

En gros, tous ce qui vous permettra de contenir de l'eau à bouillir.


- Du matériel de cuisson et du combustible  

Réchaud à gaz et surplus de bombonnes de combustible, bois pour le poêle, la cheminé, le réchaud  de fortune, combustibles liquide et bruleurs adaptés...

Vous devrez stocker ce matériel et l'économiser en l'utilisant avec sagesse comme pour ce qui est de la cuisson des aliments.

Vous aurez plus de détails sur la filtration dans ce qui suit :


Les différentes façons de purifier de l'eau 
  
 
Voyons maintenant les grands principes de purification de l'eau.

Pour qu'une eau soit potable, tous les appliquer n'est pas nécessaires et isolément certains ne sont pas suffisant.

Passons en revu ces principes :

- La Décantation

La décantation est le principe qui permet de séparer les grosses particules présentes dans l'eau en la laissant reposer suffisamment longtemps pour qu'elles descendent au fond du contenant.
 
L'eau décantée ne sera pas potable si elle est contaminé par des agents pathogènes.

C'est une première étape avant une purification plus avancé.

 
- La Filtration

La filtration rendra parfaitement potable une eau qu'avec un filtre de moins de 0,1 micron.

Il s'agit alors du cas particulier de la stérilisation par la filtration.

Un filtre de plus de 0,2 micron suffira à éliminer tous les parasites et les bactéries mais laissera passer certains virus. 

Les polluants ne seront pas tous filtrés selon leur nature et la finesse du filtre.

Les filtres rudimentaires ne serviront que de préfiltre pour éliminer les plus grosses impuretés de votre eau comme lors de la décantation.

 
- La Distillation

La distillation est le procédé qui consiste à faire passer l'eau de l'état liquide à l'état gazeux puis de condenser la vapeur d'eau pour la faire repasser à l'état liquide.

Cette eau sera parfaitement pure et dépourvu de ses minéraux.

Il est presque inutile de passer par une autre étape avant la distillation de l'eau.

Mais pour faciliter la procédure et garantir une qualité optimale de l'eau, il faudra au moins décanter ou pré filtrer l'eau si cette dernière est chargée de grosses impuretés.

Si l'eau est chimiquement polluée, certains polluants subirons le même changement d'état que l'eau et se retrouverons inévitablement dans l'eau distillée en fin de processus.

De l'eau distillée peut être récupérée sans dépenses énergétique et sans températures élevées.

Pour cela, rien de plus efficace que la distillation naturelle.

Il s'agit de récupérer la condensation produite naturellement, comme la rosée matinale, la buée sur les vitres et autres surface fraiche ou l'évaporation de l'eau des végétaux.

Le bricolage et l'utilisation d'un distillateur solaire est un bon exemple d'exploitation de ce phénomène.       


- La désinfection

C'est là que la Javel et les Micropur interviennent.

Le but d'une désinfection est de tuer ou rendre temporairement inertes les micro organismes pathogènes de l'eau.

Les micropur sont des pastilles spécialement conçus pour la désinfection de l'eau.

A base de Chlore ou d'ion Argent, ces pastilles agissent en 30 minutes à raison d'une pastille à dissoudre dans un litre d'eau pour celle au Chlore et 2 heures par litre pour celle à base d'ion Argent.

Ces données sont à prendre en compte pour une eau limpide.

Donc, prévoir une filtration avant traitement.

Les boites sont vendues par 100 pastilles pour environ une vingtaine d'Euros

Moins cher, efficace mais pas tout à fait adaptée à ce mode d'utilisation, la Javel est comme vu plus haut, un excellent désinfectant.

Le chlore qu'elle contient permettra de purifier de l'eau mais pour réduire la nocivité du chlore lorsque vous la boirez, il faudra parfaitement ajuster la dose de Javel à diluer dans l'eau.

Cette dose dépend bien sûr de la quantité d'eau à traiter et du degré chlorométrique de votre Javel (ou de sa concentration en pourcent).  

La chloration d'une eau à purifier dépend aussi de sa limpidité.

Si l'eau est suffisamment claire, 5 à 10 Mg de chlore seront nécessaire.

Si l'eau est trouble, il faudra y diluer 10 à 20 Mg de chlore.

Toutes les eaux de Javel ne contiennent pas les mêmes quantités de chlore. 

La chloration à l'eau de Javel de l'eau peut être imprécise et nécessite donc de la prudence.

Toutefois, le dosage étant juste de quelques gouttes par litre pour une concentration en chlore classique, les risques d'intoxications ne sont pas extrêmement élevés, en tout cas beaucoup moins qu'avec une eau insalubre non traitée.

Pour une eau de Javel dont la concentration en chlore se situe entre 4 et 6%, vous devrez ajouter 2 gouttes de Javel pour 1 Litre d'eau.

Cette base quantitative est à ajuster en fonction de la qualité de l'eau (limpidité ou turbidité de l'eau), du pourcentage de chlore contenue dans votre Javel et de la température de l'eau au moment du traitement.

Au-dessus de 18 degrés, 30 minutes seront le minimum à attendre avant que votre eau soit désinfectée.

Entre 10 et 18 degrés, il faudra attendre 1 heure.

Sous les 10 degrés, le temps de la désinfection sera encore augmenté.

Si la température de votre eau est trop basse pour être désinfecté rapidement, vous aurez peut-être la possibilité de profiter d'un feu pour la réchauffer.   


- La stérilisation

La stérilisation diffère de la désinfection aux niveaux des méthodes utilisées pour inactiver les micro organismes et du résultat obtenu.

La stérilisation permet une plus grande destruction et inactivation des agents biologiques pathogènes.

Les méthodes de stérilisation de l'eau peuvent êtres :


- L’ébullition de l'eau

L'idéale avant de stériliser de l'eau est de pouvoir la filtrer ou la décanter pour la rendre le plus "clair" possible.

Il faudra faire bouillir votre "eau clair" et la maintenir à ébullition le moins longtemps possible par souci d'économies de combustibles.

Une fois refroidit, si vous ne buvez pas cette eau dans les heures qui viennent, vous pourrez ajouter 2 gouttes de Javel par litre d'eau pour pouvoir la conserver quelques jours.


- La stérilisation par filtration

 Une stérilisation par filtration nécessite un filtre dont la porosité est inférieure à 0,2 Micron.

Cette fine porosité ne laisse passer presque aucun micro organismes.


- La stérilisation aux UV

Cette méthode de stérilisation à la lumière ultraviolette permet de détruire un grand nombre de germes pathogènes.

La potabilisation de l'eau en l'exposant aux UV est le principe utilisé dans la méthode SODIS.

La méthode SODIS consiste en une désinfection solaire de l'eau (SODIS étant la contraction de "Solar Disinfection").

Il suffit de remplir d'eau des bouteilles transparentes en PET ou en verre et de les exposer à la lumière directe du soleil pendant au moins 6 heures.

Plus la couverture nuageuse et importante et plus le temps d'exposition sera long.

Il en sera de même sous des latitudes sous exposé aux UV et en période hivernales.

En condition nuageuse, le temps d'exposition est d'au moins deux jours.

Pour optimiser le processus, vous pouvez poser vos bouteilles transparentes sur une surface réfléchissante (miroir, papier alu, métal poli, coté argenté d'une couverture de survie...).

L'infographie ci-dessous décrit la méthode SODIS :


https://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9sinfection_solaire_de_l'eau#/media/File:Pictogrammes_SODIS.svg
La méthode SODIS est très simple à mettre en œuvre.
La version technologique de cette méthode de potabilisation de l'eau nécessite l’acquisition d'un Stéripen.

Cet accessoire est très utile et pratique pour purifier de l'eau.

Ses inconvénients sont sa dépendance aux piles pour fonctionner et son prix élevé.

Je pense avoir fait un tour assez complet de la question de l'eau en survie et survivalisme.

Concernant la grande question sur la meilleure méthode de potabilisation de l'eau en situation de survie, je répondrais que comme son nom l'indique, il s'agit d'une situation d'urgence ou tout doit être décidé en fonction des priorités et des possibilités.

L’équation n'est jamais la même et les difficultés rencontrés sont très variables en intensité et en nombres.

"Stress hydrique" est synonyme de mort à court terme !
 
Je préfère être le plus possible être apte à subvenir à mes besoins en eau en cas de problèmes de type survie dans la nature ou en milieux urbain.

Par conséquent, je m'informe, m'entraine et m'équipe alors pour pallier aux maximum d'éventualités.

Je priorise sur ce qu'il y a de plus probable en terme de "risques" et je retourne la question en tous sens pour tenter de mettre en lumière toute les solutions envisageables.

C'est d'ailleurs ce que je fais pour tout ce qui touche aux problématiques liées à la survie. 

Pour en revenir à l'eau, et pour simplifier mon approche personnelle de la question, voila comment je procéderais de façon "générale face à une pénurie d'eau potable :

- Je la puise là ou elle est en tentant de dépenser le moins d'énergie possible et sans suer plus d'eau que je n'en récolte.

Je tiens compte aussi de mon niveau d'hydratation, car plus le temps passe et plus je risque d'y passer (3 Jours sans s'hydrater)

- Si la situation le permet, je choisi la source d'eau en fonction de sa salubrité initiale.

Si je peux sans contrevenir au premier point me procurer une eau plus "propre", je délaisse l'eau plus "sale" tout en tenant compte du fait que cette source d'approvisionnement pourra être utile ultérieurement (Si sa disponibilité et nature ne se sont pas dégradés).

- Je la purifie ensuite de toutes les façons possibles selon mon matériel disponible, en la pré filtrant grossièrement à travers un linge et je la laisse décanter.

Ensuite, selon la source d'approvisionnement et mon matériel disponible, je la filtre finement (mon filtre actuel a une porosité de 0,2 Micron) ou je la mets à bouillir en optimisant ma dépense en combustible.

Puis toujours en fonction de ce dont je dispose, j'ajoute une petite dose d'ultra-violet (SODIS ou Steripen) ou de désinfectant type Micropur ou eau de javel.


Pourquoi tant de précautions ?

Il m'est arrivé de boire à plusieurs reprises de l'eau à même une rivière à quelques kilomètres de sa source.

Cette eau parfaitement claire ne m'a posé aucun problèmes.

Mais si j'avais disposé d'un filtre, d'un steripen ou d'une bouteille transparente, j'aurai tenté une petite purification quand même.

Même à proximité d'une source, des animaux (et parfois des humains négligents) peuvent s'être soulagés et avoir contaminé une parcelle de cette eau limpide comme du cristal.

J'ai également ingéré une petite quantité d'eau d'un étang en manquant de m'y noyer.

Aucun problème de santé par la suite malgré une forme physique très basse au moment de l'accident mais c'est clair que "boire la tasse" n'est pas comme "s'hydrater".

J'ai eu de la chance de ne pas me noyer mais peut être aussi de ne pas tomber malade...

J'ai par contre été malade comme un chien après avoir simplement sauté dans le canal de l'Ourcq qui est bien dégueulasse je dois le reconnaitre (c’était il y a presque 15 ans, ne me demandez pas pourquoi j'ai fait ça)...

Autre expérience désagréable ou j'ai un jour bu à même une bouteille d'eau entamé pensant que c'était la mienne.

Cette bouteille macérait en fait depuis plusieurs semaines après qu'un collègue de taf à la dentition douteuse ai bu à même et décide de l'abandonner sous les sièges du camion de service.

A part une sévère envie de gerber après m'en être rendu compte, je n'ai pas eu le moindre symptôme de maladie et après dix ans déjà, je me porte toujours aussi bien et j'ai gardé toutes mes dents... (sérologies diverses et variées, négatives)

Donc selon moi, à moins de boire directement l'eau d'une colonne d'évacuation des chiottes, ou plus simplement l'eau d'une marre bien tiède, tomber malade dépend de la quantité d'eau ingéré, de la concentration de l'eau en agents infectieux et de l'état de nos défense immunitaires.

Ce qui au final, me fait un peut penser à une roulette russe.

J'enlève donc un maximum de balle du barillet avant de tirer... 

En mode "survie", je "potabilise" mon eau au maximum selon les possibilités. (matériel, combustible, temps disponible...)

Cette prudence en apparence excessive ne l'est peut être pas tant que ça, surtout si cette eau est destiné à des personnes fragiles (nourrissons, enfants en bas ages, personnes âges, immunodéprimés...)  

Si je ne dispose d'aucune solution de purification, je bois l'eau directement en espérant ne pas en crever à condition que cette eau soit dans un état "rassurant".

Pas d'eau de canal ou d'étang...

Pas dans ce genre là...
Si elle est assez clair, sans odeur, quelle viens d'un cours d'eau et pas d'une eau stagnante et que je suis au bout de mes 3 jours sans eau, je tente le coup.

Idem pour l'eau de pluie...

Du moins je pense que je réagirais comme ça dans ce genre de situation.     

Chaque situation étant différente, il n'est pas concevable de tout décrire en un seul article.

Celui ci est déjà très long, mais la question de l'eau en situation de survie vaut au moins ça.

Notez pour finir qu’à l'heure ou j'écris ces lignes, plus de 11% de la population mondiale n'a pas accès à l'eau potable.

http://www.inegalites.fr/spip.php?article1225

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