Consulting En Sûreté

L'Art De La Guerre - Article 10 - De La Topologie



Vous trouverez sur cette page l'article 10 de "L'Art De La Guerre" de Sun Tzu :

"De La Topologie"


Sun Tzu dit : 

A la surface de la terre tous les endroits ne sont pas équivalents.

Il y en a que vous devez fuir et d’autres qui doivent être l’objet de vos recherches.

Vous devez tous parfaitement les connaitre.

Dans la première catégorie sont à classer :

- Ceux qui n’offrent que d’étroits passages.

- Ceux qui sont bordés de rochers ou de précipices.

- Ceux qui n’ont pas d’accès facile avec les espaces libres depuis lesquels de l'aide peut vous parvenir

Si vous êtes le premier à occuper ce type de terrain, bloquez les passages et attendez l’ennemi.

Si l’ennemi est sur place avant vous, ne l’y suivez pas, à moins qu’il n’ait pas fermé complètement l'accès aux défilés. 

Connaissez ces terrains parfaitement pour ne pas y engager votre armée dangereusement.

Recherchez en revanche les lieux regroupant ces caractéristiques :

- Un endroit dans lequel il y aurait une montagne assez haute pour vous défendre de toute attaque surprise.

- Un endroit vous pourriez arriver et sortir par plusieurs chemins dont vous aurez la parfaite connaissance.

- Un endroit où les vivres seraient en abondance, où les sources d'eau ne sauraient manquer.

- Un endroit où l’air serait pur et le terrain assez uni.

De tels endroits doivent faire l’objet de vos plus sérieuses recherches. 

Que vous vouliez-vous emparer de quelque campement avantageux ou que vous cherchiez à éviter des lieux dangereux ou peu commodes, agissez rapidement !

Soyez certain que l’ennemi a le même objectif que vous.


Si le lieu idéal de vos recherches est autant à la portée des ennemis qu’à la vôtre, si les ennemis peuvent s’y rendre aussi aisément que vous, alors il est primordial de les devancer. 

Pour cela, faites des marches pendant la nuit, mais arrêtez-vous au lever du soleil et, s’il se peut, que ce soit toujours sur quelque éminence, afin de pouvoir découvrir au loin, attendez alors que vos provisions et tout votre bagage soient arrivés.

Si l’ennemi vient à vous, vous l’attendrez de pied ferme et vous pourrez le combattre avec avantage.

Ne vous engagez jamais dans ces sortes de lieu où l’on peut aller très aisément mais d’où l’on ne peut sortir qu’avec beaucoup de peine et difficulté.

Gardez-vous bien d’avancer en tels endroits, sauf pour trompez-l'ennemi. 

S’il est assez imprudent pour vous suivre, il sera obligé de traverser lui aussi ce terrain hostile

Lorsqu’il y aura engagé la moitié de ses troupes, fondez sur lui, ne pouvant reculer, il ne saurait vous échapper, frappez-le avantageusement et vous le vaincrez sans beaucoup d'efforts.

Une fois que vous serez campé avec tout l’avantage du terrain, attendez tranquillement que l’ennemi fasse les premières démarches et qu’il se mette en mouvement. 

S’il vient à vous en ordre de bataille, n’allez au-devant de lui que lorsque vous verrez qu’il lui sera difficile de rebrousser chemin.

Un ennemi bien préparé pour le combat et contre qui votre attaque a échoué est particulièrement dangereux.

Ne revenez pas à une seconde charge, retournez dans votre camp si vous le pouvez et n’en sortez pas tant que vous n'êtes pas certain de pouvoir le faire sans danger. 

Vous devez vous attendre à ce que l’ennemi use de toutes les ruses pour vous attirer. 

Rendez inutiles tous les artifices que l'ennemi pourrait employer.

Si votre rival vous a prévenu et qu’il ait pris son camp dans le lieu où vous auriez dû prendre le vôtre, c’est-à-dire dans le lieu le plus avantageux, ne vous amusez pas à vouloir l’en déloger en employant les stratagèmes communs.

Vous y perdriez plus que votre temps.

Si la distance entre vous et lui est assez considérable et que les deux armées sont à peu près égales, il ne tombera pas aisément dans les pièges que vous lui tendrez pour l’attirer au combat.

Encore une fois, ne perdez pas votre temps inutilement, vous réussirez mieux d’un autre côté.

Soyez persuadé que votre ennemi cherche l'avantages avec autant d’empressement que vous chercher le vôtre.

Employez toute votre industrie à lui donner le change de ce côté-là mais surtout ne le prenez pas vous-même. 

Pour cela, n’oubliez jamais qu’on peut tromper ou être trompé de bien des façons. 

Je ne vous en rappellerai que 6 principales façons de tromper l'ennemi, parce qu’elles sont les sources d’où dérivent toutes les autres :

- La première consiste dans la marche des troupes.
- La deuxième, dans leurs différents arrangements.

- La troisième, dans leur position dans des lieux bourbeux.

- La quatrième, dans leur désordre.

- La cinquième, dans leur dépérissement.

- Et la sixième, dans leur fuite.

Un général qui serait mis en échec par son manque de compétence aurait tort d’accuser le Ciel de son malheur...

C'est à lui seul qu'il doit l’attribuer !

Dans l'Art de la Guerre qu'un habile général se doit de connaitre :

- Si l'homme à la tête des armées néglige de s’instruire à fond de tout ce qui a rapport aux troupes qu’il doit mener au combat et à celles qu’il doit combattre...

S ’il ne connaît pas exactement le terrain où il se trouve, celui où il doit se rendre, celui où l’on peut se retirer en cas de malheur, celui où l’on peut feindre d’aller sans avoir d’autre envie que celle d’y attirer l’ennemi et celui où il peut être forcé de s’arrêter, lorsqu’il n’aura pas lieu de s’y attendre...

- S ’il déplace son armée hors de propos...

- S ’il n’est pas instruit de tous les mouvements de l’armée ennemie et des objectifs que son comportement peut révéler...

- S ’il divise ses troupes sans nécessité ou sans y être comme forcé par la nature du lieu où il se trouve ou sans avoir prévu tous les inconvénients qui pourraient en résulter, ou sans la certitude calculé des avantage réel de cette dispersion...

- Si le désordre s’insinue peu à peu dans son armée ou si sur des indices incertains, il se persuade trop aisément que le désordre règne dans l’armée ennemie et qu’il agisse en conséquence...

- Si son armée dépérit sans qu’il se mette en devoir d’y apporter une solution rapide...

Alors un tel général ne peut être que le jouet des ennemis, qui l'induiront en erreur par des fuites étudiées, par des feintes d'action et par une mise en œuvre dont il ne saurait manquer d’être la victime.

Les maximes suivantes doivent vous servir de règles pour toutes vos actions :

Si votre armée et celle de l’ennemi sont à peu près en nombre et en force égal, il faut que sur dix parties des avantages du terrain vous en ayez neuf pour vous.

Mettez toute votre application, employez tous vos efforts et toute votre industrie pour vous les procurer. 

Si vous possédez ces neuf avantages du terrain, votre ennemi se trouvera réduit à n’oser se montrer devant vous et à prendre la fuite dès que vous paraîtrez.

S’il est assez imprudent pour vouloir vous combattre, vous le combattrez avec l’avantage de neuf contre un. 

Le contraire arrivera si, par négligence ou faute d’habileté, vous lui avez laissé le temps et les occasions de se procurer ce que vous n’avez pas.

Quelle que soit votre position, si pendant que vos soldats sont forts et pleins de valeur, vos officiers sont faibles et lâches, votre armée ne sera pas apte à prendre l'avantage.

Si cette situation est inversé, que la force et la valeur n'est présente que chez les officiers, tandis que la faiblesse et la lâcheté dominent dans le cœur des soldats, votre armée sera bientôt en déroute.

Car les soldats pleins de courage et de valeur ne voudront jamais se déshonorer.

Ils ne donnerons jamais de leurs valeurs ce que des officiers lâches et timides ne sauraient donner eux-même.

Il en va de même des officiers vaillants et intrépides qui seront à coup sûr mal obéis par des soldats timides et poltrons.

Si les officiers généraux sont faciles à s’enflammer et s’ils ne savent ni dissimuler ni mettre un frein à leur colère, quel qu’en puisse être la raison, ils s’engageront d’eux-mêmes dans des actions ou de petits combats dont ils ne se tireront pas avec honneur, parce qu’ils les auront commencés avec précipitation et qu’ils n’en auront pas prévu les inconvénients et toutes les conséquences.

Il arrivera même qu’ils agissent contre les plans prévu par le général sous divers prétextes qu’ils tenteront de justifier.

Il adviendra qu'une action particulière menée de façon hasardeuse et contre toutes les règles, engendrera un combat général, dont tout l’avantage reviendront à l’ennemi. 

Surveillez de tels officiers, ne les éloignez jamais de vos côtés, quelques grandes qualités qu’ils puissent avoir d’ailleurs, ils vous causeraient de grands préjudices, peut-être même la perte de votre armée entière.

Si un général est pusillanime, il n’aura pas les sentiments d’honneur qui conviennent à une personne de son rang, il manquera du talent essentiel de donner de l’ardeur aux troupes.

Il bridera leur courage au moment même ou il devrait être enhardi. 

Il ne saura ni les instruire ni les lever comme il se doit.

Il ne croira jamais devoir compter sur les lumières, la valeur et l’habileté des officiers qui lui sont assignés.

Les officiers eux-mêmes ne sauront à quoi s’en tenir.
  
Il fera faire 1000 fausses démarches à ses troupes qu’il voudra disposer tantôt d’une façon et tantôt d’une autre, sans suivre aucun système et sans aucune méthode.

Il hésitera sur tout, il ne se décidera sur rien, partout il ne verra que des sujets de crainte et alors le désordre, un désordre général, régnera dans son armée.

Si un général ignore les forces et les faiblesses de l’ennemi contre lequel il a à combattre et s’il n’est pas parfaitement instruit, tant des lieux qu’il occupe actuellement que de ceux qu’il peut occuper suivant la diversité des évènements, alors il lui arrivera d’opposer à ce qu’il y a de plus fort dans l’armée ennemie ce qu’il y a de plus faible dans la sienne.

Il enverra ses soldats les moins aguerri contre les troupes ennemi les plus fortes.

Il fera l'erreur de ne pas former son avant-garde de soldats d'élite, il n'enverra pas ses troupes d'assaut attaquer la ou il est le plus judicieux de le faire et laissera périr, faute de secours, ceux des siens qui se trouveraient hors d’état de résister.

Dans ces circonstances, il comptera sur d’illusoires avantages que l'ennemi aura habilement su faire miroiter.

Ou alors il baissera les bras après un échec qui n'aurait été que moindre mal

Il se trouvera poursuivi sans s’y attendre et sera rapidement submergé

Il sera combattu avec fougue et si la chance le lui permet, il trouvera son salut dans la fuite. 

C’est pourquoi, pour en revenir au sujet propre à cet "Article 10 de l'Art de la Guerre", un bon général doit connaître tous les lieux qui sont ou qui peuvent être le théâtre de la guerre.

Cette parfaite connaissance et maitrise du terrain doit être aussi clair et aisé que la connaissance des moindres recoins des cours et jardins de sa propre maison.

J’insiste dans cet article qu’une connaissance parfaite du terrain fait parti de ce qu’il y a de plus essentiel à l'instauration de la tranquillité et à la gloire de l’État. 

Ainsi un homme, que la naissance où les évènements semblent destiner à la dignité de général, doit employer tous ses soins et fournir les plus grands efforts pour se rendre habile dans cette partie de LArt Des Guerriers.

Avec une connaissance précise du terrain, un général peut se tirer d’affaire dans les circonstances les plus critiques. 

Son rayon d'action lui permet alors :

- D'obtenir des secours en cas de nécessité.

- D'empêcher l’ennemi de recevoir de l'aide.

- D'avancer, reculer et régler toutes ses démarches comme il le jugera à propos.

- De disposer des marches de son ennemi et faire à son gré qu’il avance ou qu’il recule.

- De harceler l'ennemi sans crainte d’être repéré.

- De l’incommoder de 1000 manières, et parer de son côté à tous les dommages qu’on voudrait lui causer. 

Calculer les distances et les degrés de difficulté du terrain, c’est contrôler la victoire. 

Le général qui combat avec la pleine connaissance de ces facteurs est certain de gagner.

Il peut mettre un terme ou prolonger la campagne selon qu’il le jugera plus expédient pour sa gloire ou pour ses intérêts.

Vous pouvez compter sur une victoire certaine si vous connaissez tous les tours et tous les détours, tous les hauts et les bas, tous les allants et les aboutissants de tous les lieux que les deux armées peuvent occuper, des terrains les plus proches jusqu’au plus éloignés.

Avec cette connaissance vous saurez quelle forme il sera plus à propos de donner aux différents corps de vos troupes.

Vous saurez à coup sûr quand le moment de combattre sera venu ou lorsqu’il faudra différer la bataille.

Vous saurez interpréter la volonté du souverain suivant les circonstances, quels que puissent être les ordres que vous en aurez reçus.

Vous le servirez véritablement en suivant vos lumières présentes.

Vous ne vous engagerez jamais dans des actions qui puisse souiller votre réputation et vous ne serez pas exposé à périr ignominieusement pour avoir obéi.

Un général malheureux est toujours un général coupable.

Servir votre prince, faire l’avantage de l’État et le bonheur des peuples, c’est ce que vous devez avoir en vue.

Remplissez ces trois objectifs et vous avez atteint le but.

Quelque soit le terrain ou vous serez, vous devez regarder vos troupes comme des enfants qui ignorent tout et qui ne sauraient faire un pas.

Les troupes doivent être conduites.

Vous devez les regarder, dis-je, comme vos propres enfants.

Il faut les conduire vous-même. 

Ainsi, s’il s’agit d’affronter les hasards, que vos gens ne les affrontent pas seuls, et qu’ils ne les affrontent qu’à votre suite. 

S’il s’agit de mourir, qu’ils meurent, mais alors mourez avec eux !

Je dis que vous devez aimer tous ceux qui sont sous votre conduite comme vous aimeriez vos propres enfants. 

Il ne faut pas cependant en faire des enfants gâtés.

Ils se comporterais comme tel, si vous ne les corrigiez pas lorsqu’ils méritent de l’être, si, quoique plein d’attention, d’égards et de tendresse pour eux, vous ne pouviez pas les diriger.

Ils se montreraient alors insoumis et peu empressés à répondre à vos désirs.

Quelque soit le terrain sur lequel vous devrez évoluer, bien qu'étant au fait de tout ce qui le concerne et même des endroits permettant d'attaquer l’ennemi, si vous ignorez sa condition défensive, s’il est paré à accueillir votre attaque et prêt à toute éventualités, alors vos chances de victoire sont réduites de moitié.

Que vous soyez en pleine connaissance de tous les lieux, que vous sachiez même que les ennemis peuvent être attaqués, et par quel côté ils doivent l’être, si vous n’avez pas d'indices certains que vos propres troupes peuvent partir au combat avec avantage, j’ose vous le dire, vos chances de victoire sont réduites de moitié.

Si vous êtes au fait de l’état actuel des deux armées, si vous savez en même temps que vos troupes sont en état d’attaquer avec avantage, et que celles de l’ennemi leur sont inférieures en force et en nombre, mais si vous ne connaissez pas tous les coins et recoins des lieux alentours, vous ne saurez s’il est invulnérable à l’attaque et je vous l’assure, vos chances de victoire sont réduites de moitié.

Ceux qui sont véritablement habiles dans l’art militaire :

- Font toutes leurs marches sans désavantage.

- Tous leurs mouvements sans désordre.

- Toutes leurs attaques à coup sûr.

- Toutes leurs défenses sans surprise.

- Installent leurs campements avec choix.

- Leurs retraites par système et avec méthode.

-  Ils connaissent leurs propres forces.

- Ils savent quelles sont celles de l’ennemi.

- Ils sont instruits de tout ce qui concerne le terrain.

Donc je dis : 

Connais-toi toi-même, connais ton ennemi et ta victoire ne sera jamais compromise.

Connais le terrain, connais ton temps et alors ta victoire sera totale.
 
Accédez aux autres Articles de L'Art De La Guerre De Sun Tzu :

- Article 10 - De La Topologie (Vous lisez actuellement cet article)

Lire aussi l'Article complémentaire sur "Le Bansenshukai" :